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Nous nous proposons dans le présent travail d’étudier la philosophie spéculative de Charles Secrétan (1815-1895), c’est-à-dire, principalement, La philosophie de la liberté. Cet ouvrage, qui parut pour la première fois en deux tomes en 1849, est constitué par une série de leçons qui font partie d’un cours de philosophie morale, que Secrétan a donné à Lausanne en 1845. Il contient les thèses principales de la métaphysique du philosophe suisse : la liberté absolue du premier principe, la création libre d’une créature tirée de la substance divine et qui est appelé à se réaliser comme liberté, la chute de la première créature, et la restauration, qui se termine par la venue du Christ dans le monde.
Peu de travaux ont été consacrés à La philosophie de la liberté, qui, jusqu’aujourd’hui, a été assez négligée. Toute l’œuvre de Secrétan a d’ailleurs subi le même sort. Pour cette raison, il nous a paru important d’étudier son ouvrage principal d’une manière complète et compréhensive. Nous nous concentrons toutefois sur la question de la liberté absolue, qui joue un rôle central dans le système de Secrétan, et qui représente, selon nous, l’idée la plus originale de ce système.
Nous analysons aussi la relation de la philosophie de Secrétan aux grands thèmes métaphysiques de l’histoire de la philosophie, en nous penchant plus particulièrement sur le rapport entre Secrétan et le philosophe allemand Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling. Secrétan a en effet suivit les cours de Schelling à Munich en 1835-1836 et 1839, et a été considéré par la plupart de ses contemporains comme un disciple de Schelling.
Nous avons aussi trouvé important de montrer que Secrétan va continuer à s’intéresser à la métaphysique dans sa philosophie intermédiaire et son œuvre tardive, même s’il va se tourner essentiellement vers la morale et les études sociales.